La sagesse de la lenteur

Il y a des jours où, dès le réveil, une attitude intérieure s’invite et s’impose. Ça a été le cas, pour moi, avec la lenteur.

Je me voyais aller à deux l’heure et trouvais que tout allait trop vite autour de moi. Comme si je découvrais le monde pour la première fois, un regard neuf qui me questionnait sur l’allure du monde. Pourquoi aller si vite ? Pourquoi râler lorsqu’un conducteur prend son temps ? Pourquoi vouloir aller plus vite que ce que la machine peut exécuter ?

Pourquoi ? Parce que depuis toujours c’est la production qui compte et que tout.e petit.e on apprend à répondre à une demande extérieure indépendamment du ressenti personnel.

D’une certaine façon, il est facile de se perdre de vue, de se sentir « à côté de ses pompes », de se sentir dépassé.e par les évènements, les exigences, les injonctions…, que l’on fini par s’approprier ! Comme si elles exprimaient notre vérité.

C’est en overdose de ce remplissage, de cette boulimie matérialiste, que le mal-être surgit. Mal être : tout est dit ! Deux mots suffisent pour exprimer l’origine du « problème ». Ne plus être mais avoir beaucoup, ou faire pour avoir beaucoup. Tellement qu’ils prennent toute la place, même dans les pensées. Surtout dans « la tête », d’ailleurs ! C’est le sentiment de l’avoir « dans le guidon », cette tête, comme le hamster dans sa roue, pas le temps, pas le temps de se poser, pas de temps à la réflexion. Pas de place pour la conscience.

Je dois avouer que je suis bien guidée, comme vous tous.tes, et que, ce jour-là, j’avais la matinée devant moi. Libre ! Sinon j’aurais fait comme d’habitude, comme tout le monde : j’aurais pesté sur la lenteur des autres qui osait me ralentir alors que « je n’avais pas qu’ça à faire ! ».

Mais je dois aussi avouer que cette expérience était le résultat d’une prise de conscience de longue haleine : ce que je suis ne dépend en rien de ce que j’ai ou de ce que je fais. Je Suis est. Immuable et permanent. Cette prise de conscience apporte la sérénité puisque l’on sent au plus profond de soi que Être est en sécurité. Rien ni personne ne peut le modifier, le changer, l’écraser, le blesser. Immuable. Et permanent.

La lenteur est précieuse pour garder la connexion en Soi, à l’intérieur, au coeur. Une fois que la confiance est accordée au coeur en soi seulement, les fruits apparaissent : il devient aisé d’entendre les pensées qui affleurent, et de sentir que la plupart sont des habituées égotiques qui, cette fois-ci, sont accueillies et vues sans y croire. On cesse de les alimenter et elles dépérissent sans que cela ne nécessite d’énergie. Les émotions aussi se présentent : l’histoire est accueillie et vue et, là encore (en corps), s’effondre seule dans l’illusion qui jusqu’alors n’était pas vue. Et, bien sur, les symptômes ne sont pas en reste, recevant dès leur arrivée un accueil qui les dénoue en les confrontant à la Réalité.

La lenteur est salvatrice : elle permet une observation sans borne. Observer c’est méditer sur ce qui est là en étant connecté.e au vide intérieur, le « tranquille-peinard en soi » comme je le nomme au cabinet, sans rien vouloir modifier. Elle nous fait découvrir le laid autant que le beau, découvrir le désuet et l’important, les inepties, les habitudes, et les incontournables. Elle nous ramène au fait que tout passe, et ce très vite, et que pour autant, Tout est toujours entier et serein. Elle nous permet de déguster un plat et humer le parfum de la Terre sans passer « à côté », elle nous fait danser au rythme de l’âme du monde et sentir la caresse du vent en toute conscience.

Même l’écriture d’un article requiert de la lenteur : laisser infuser l’idée reçue pour qu’elle donne toute sa profondeur, et tout extraire pour donner à mon tour tout ce qui m’a été donné. Alors vient le repos du juste.

Alors si vous aussi vous trouver que l’agacement est trop présent dans votre quotidien, que la colère s’invite trop dans vos relations, que les pensées accaparent votre esprit, pensez à vous observer, à ralentir, et à observer en ralentissant ou à ralentir pour mieux observer. Et dites-moi ce que vous récoltez.

Partant.e ?

De tout coeur,

Nicole☘️🌈


Commentaires

2 réponses à « La sagesse de la lenteur »

  1. Avatar de peachvaliante5ecd82fa3
    peachvaliante5ecd82fa3

    Mais … c’est l’Eloge de la lenteur que tu fais là … j’adore Carl je serai Honoré d’en discuter avec toi !

    Mille bises.

    François REMBAULT

    Responsable pédagogique
    Passerelle Sport Cholet

    06-03-88-33-49 02-41-65-03-25
    Francois.rembault@irss.frFrancois.rembault@irss.fr

    http://www.irss.frhttp://www.irss.fr/

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    1. Merci François ! Je ne déchiffre pas tout ton message mais je serai également ravie d’en discuter avec toi !
      Au plaisir de se voir 😉
      Je t’embrasse

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