Cette expression est curieuse, « faire » un enfant, comme s’il s’agissait d’une fabrication, d’une élaboration technique créant l’enfant !?
Si tel était le cas, nous tomberions enceintes, nous les femmes, à chaque période féconde…, ce qui est loin d’être vrai, surtout aujourd’hui !
La vie conspire à nous remettre à notre place d’humain, chanceux d’être pourvu par elle et devant se conformer à sa nature, à son rythme, à ses expressions, à ses saisons… Souvent arrogant, l’humain se croit « créateur de sa vie », un tout puissant qui aurait la maîtrise sur son quotidien.
Vraiment ?
Prenons l’exemple d’un végétal. Le gland renferme en son coeur un chêne. Pour que cela se manifeste, il lui faut mourir. La coque va se désagréger au contact de la terre et de l’eau contenue dans le sol, le microcosme de l’humus va le nourrir suffisamment pour que des racines naissent et s’enfoncent dans ce sol, créant des partenariats lui assurant force et équilibre et amenant le développement d’une tige : le futur tronc.
Plus les racines seront puissantes, plongeant profondément dans le sol, plus l’arbre grandira avec force et équilibre.
Aucun besoin de tirer sur sa cime pour qu’il pousse. C’est en se nourrissant lui-même qu’il s’épanouit, l’essentiel étant que cette nourriture lui soit accessible.
Il en est de même pour le petit d’Homme.
Voilà donc deux demi-graines s’unissant, mourant ainsi de leur différence pour fondre l’une en l’autre en un embryon. Pour que cette croissance ait lieu, il lui faut un terreau utérin nourricier. Au fil des mois le foetus grandit, se développe jusqu’à être prêt à sortir : il a pris tout ce que ce lieu lui offrait pour amener à maturité ce corps humain. La naissance signifie se montrer à l’extérieur, sortir du cocon maternant. Pour ce faire il s’appuie encore sur le corps qui le porte, sa mère, et mourant de sa vie intra-utérine il montre le bout de son nez, saluant cette nouvelle vie, prêt à découvrir ce monde.
Pendant tout ce temps, aucun savoir n’est requis du côté des parents. Tout se fait « tout seul ». On peut s’intéresser aux étapes de croissance intra-utérine de l’embryon puis du foetus, mais ce savoir, su ou ignoré, ne change pas les faits. Un bébé est en cours de vie, quoiqu’il arrive.
C’est un don de la Vie !
Finalement, si on observe, même quand le couple souhaite vivre la parentalité, ça ne fait pas d’eux des parents. Il faut que l’âme de cet enfant à venir soit prête à s’incarner pour que la rencontre des trois ait lieu. La « famille » ne prend corps qu’après cette incarnation.
Autrement dit, notre volonté n’y joue pas un grand rôle.
Toutes les étapes qui permettent à cet enfant de naître sont toutes soutenues par une puissance invisible, une intelligence universelle inscrites au coeur de chaque cellule, de chaque atome. L’appui du corps médical n’est autre qu’un acte qui souligne cette présence intelligente invisible. Le médical ne se substitut en rien à cette puissance : il en bénéficie.
Nous bénéficions tous, en permanence, d’un corps pourvu intrinsèquement d’une intelligence silencieuse : la Source, Dieu, la Nature, la Vie… utilisons chacun.e le mot qui nous correspond le mieux. Une chose est sûre : à l’instant où vous lisez ces lignes, vous ne faîtes aucun effort pour voir, pour respirer, pour entendre les bruits environnant, pour détecter un parfum dans l’air ambiant… Tout nous est offert avec ce corps.
Quelle chance !
Ce corps merveilleux nous est confié : à nous d’en prendre soin, de l’écouter pour répondre à ses besoins, pour mieux le connaître et, par notre ressenti, de mieux nous connaître.
La Sagesse dont il est doté est celle-là même qui le créée. Écouter le corps revient donc à entendre le message du guide intérieur.
Accueillir un enfant dans sa vie propose un miroir précieux : accueillir l’enfant divin en soi, cette Sagesse contenue dans notre intimité et qui attend silencieusement que notre esprit s’éveille à Sa Présence.
Prendre conscience qu’on ne « fait » pas l’enfant est un pas vers « j’accueille la vie en moi ». Au-delà de l’enfant dans le ventre de sa mère, c’est l’enfant qu’était cette femme, et, par extension, la vie en elle qui, depuis toujours, demande à Être, à se manifester, à ce que la place lui soit dédiée, un dépouillement de la personne pour laisser place à cette Paix intérieure.
Et si, au lieu de considérer que l’on « fait un enfant » on accueillait l’adoption mutuelle enfant-parents ? Qu’est-ce que cela changerait dans nos relations?
Les enfants « adoptés » adoptent eux-mêmes leurs parents pour vivre leur vie. C’est une réciprocité. Les parents adoptants ont dû répondre à des questions, remplir des formulaires, tous intrusifs, incisifs sur ce « désir d’enfant ». Le chemin parcouru semble celui du combattant…, et pourtant il fait tomber les armes pour atteindre le coeur, la foi, l’espérance. Pour éveiller à la Sagesse, divine présence en soi 😁
Ce parcours dans les profondeurs, est celui de la PMA, Procréation Médicalement Assistée : rien d’immédiat, rien de confortable, là encore…, en corps ! Tout invite à l’échange, à la maturation, à la remise en question, au lâchage de grappe. C’est s’en remettre à « plus grand que soi », une mort de l’ego qui veut et qui croit tout savoir. Un effondrement des certitudes humaines dites pragmatiques, cartésiennes, qui croient en un puzzle de 1/2+1/2=1, en oubliant l’acteur véritable.
Voir la relation aux parents de cette façon, quand bien même ils soient les parents génétiques, change tout.
Les enfants ne sont plus vus comme des « extensions de soi », mais comme des individus à part entière, autres que soi.
L’attente rend l’arrivée de l’enfant précieuse, et l’enfant attendu, précieux.
L’accueil de cet enfant est beaucoup plus juste, plus équitable : une relation où chacun est autant que l’autre.
Si accueillir un enfant en soi, c’est l’accueil de la vie en soi, alors adopter un enfant devient s’adopter mutuellement, se sentir en union et en relation avec tous.tes. Revivre sciemment l’Unité en étant incarné.e 😉
C’est la possibilité d’un retour au jardin d’Eden, vivre au paradis. Là où l’enfer représente la séparation et souligne les différences en les catégorisant, le paradis propose de voir ce « autant » entre les individus malgré les différences, et voir les différences comme des expressions « autres » de cette même valeur, une diversité riche du « autant ». Différents, oui, mais toujours autant.
Pour grandir, nous avons besoin d’expériences, de miroirs quotidiens. C’est en s’appuyant sur lui, en se réajustant, en faisant ses expériences, « bonnes et mauvaises » (entendez agréables ou désagréables), que l’humain va se découvrir. Découvrir qui il est, ce qu’est la vie et comment elle souhaite se dire par lui.
C’est voir le monde comme le miroir de cette Sagesse en soi.
Rien ni personne ne peut changer le parcours d’un enfant. Pas même les parents. Il rencontrera tôt ou tard ce dont il a besoin pour s’épanouir, se révéler. Tout le poussera à son intériorité pour Être.
Pour clore cet accueil à l’enfant, évoquons le transgénérationnel… Non, si vous apaisez en vous les liens douloureux, communs à un.e aïeul.e, vous ne libérez pas vos enfants de ces mêmes liens pour autant. Nous ne libérons que ce qui fait sens pour nous. Oui, vous devenez une lumière dans la nuit pour les autres, sans rien dire ni faire.
Les enfants viennent sur Terre pour mourrir de leurs croyances erronées et naître à l’Éternel en eux. Ils sont pourvus de cette Sagesse et peuvent, comme tous.tes, se laisser guider en leur coeur.
En chacun est le chemin.
Et tous.tes pouvons nous entraider sur ce chemin. En réalité nous nous entraidons tous.tes déjà : nous sommes déjà les miroirs parfaits pour les autres !
En vous souhaitant d’accueillir la Sagesse et de réfléchir la Paix,
De tout coeur,
Nicole 🌈💕

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