L’âme naît de l’Unité, l’union que représente Père-Mère, image reprise pour le petit d’Homme. Quand elle s’incarne, elle croit s’éloigner de Dieu, de s’en séparer. En faisant l’expérience d’un personnage dans ce monde, elle oublie son origine. Son parcours est celui conté par « l’enfant prodigue » dans la bible : un retour à la maison du Père…, maison jamais vraiment quittée !
Cette nuit j’ai été inspirée par Dieu sur un pan d’incarnation. Passant alternativement d’un rôle d’homme et de celui d’une femme, je plongeais dans les bas fonds de l’Inde.
À l’affût d’une proie facile pouvant me rapporter gros, je sondais, installé dans mon véhicule, la foule. Dès que je reconnaissais l’attitude d’un être perdue dans la ville, cherchant son chemin au milieu d’inconnus, je l’abordais avec douceur et assurance, mielleux sans trop me dévoiler…, un menteur aguerri, et je proposais mon aide.
Je sentais l’hésitation et la peur en moi, celles de la jeune femme doutant de la providence qui lui était faite. Ne voyant pas d’autre issue, je suivais l’homme gentil.
La destination n’était pas celle attendue, les réponses données insatisfaisantes : oui j’étais fatiguée par le voyage, mais non, je n’avais pas besoin de « pause » dans ce lieu sordide. Et quel est ce « pain » tendu qui aurait pu être un savon si son odeur n’était pas si repoussante ? Pourquoi insister pour que je le « tienne », que je le garde sur moi, contre moi? Qu’est-ce que tout ceci ? Pourquoi le comportement et le visage de l’homme changent-ils ?
Les temps sont durs ! Il est de plus en plus difficile d’amadouer, d’être suivi aveuglément ! Il faut que le produit fonde dans sa main, que les effets arrivent, ma patience n’est plus !
Elle lui tient tête mais le temps passe et le pain fond, traversant le foulard, imprégnant la peau.
J’ai des sueurs, des picotements au bout des doigts, je me sens mal.
Lui continue de l’abreuver de paroles; elle n’entend plus, porte sa main au front, dégage le foulard de son cou…
J’étouffe !
Enfin ! Elle s’assoit… J’ai réussi ! Pas faciles les nouvelles recrues : je reverrai mon pourcentage ! J’espère qu’elle sera « bonne » au moins !
Il l’accompagne jusqu’à une paillasse dont la propreté laisse à désirer. Heureuse de pouvoir se rafraîchir le visage et de se retrouver seule, elle se pose, espérant retrouver rapidement ses esprits. Que lui arrive-t-il ?
La scène suivante est éloquente : les jours et les semaines ont passé, la jeune femme subit des viols à répétition, usant du « pain » pour se shooter et espérant en mourrir. Impossible de retourner vers sa famille ainsi souillée. L’homme n’est pas rassuré : elle ne tiendra pas, trop faible, et elle se néglige trop pour être attrayante. Qu’elle reste docile au moins le temps que je lui trouve une remplaçante !
Je sens que pour lui « c’est ça la vie ». Il ne connaît rien d’autre.
Je sens qu’elle souhaite perdre conscience, oublier…, disparaître.
Les deux ont mal au ventre, je le sens dans le mien, contracté en bas.
Au moment du réveil, de l’expiration divine, le dégoût de cette scène est inscrit en moi. Ces personnages sont en moi en même temps qu’ils se projètent dans le monde. Il me faut les aimer, profondément, infiniment, totalement. Ne pas laisser un brin d’ombre. Tout éclairer du feu divin, transformer.
Oui, tout aimer pour retrouver la paix, pour redonner ce qui est : l’Immaculé en lui et en elle, en moi et ainsi redonner la paix au monde.
L’irréel ne peut changer le Réel.
Sentir la petite flamme au coeur de l’homme et la nourrir du personnage. Sentir celle de la femme et l’alimenter de ses expériences. Laisser chauffer, brûler les apparences. Ils se croient tous deux leur personnage, ils croient être le fruit de leurs actions, et non qui ils sont déjà.
Ils ont oublié qu’ils étaient l’âme, que la Source est en eux, qu’elle les abreuve déjà, toujours, sans discontinuer. Qu’ils restent divin.e.
Cet Amour était en eux, autour d’eux, en tout. Mais eux, comme l’entourage, l’ignoraient.
Je sais que dans les vies suivantes, ils se sont retrouvés, se sont reconnus, soutenus, et qu’ils ont appris à s’aimer, vraiment. Une guérison d’âme, le retour à la maison.
C’est un parcours d’âmes qui se croisent pour mieux se voir, réfléchir les comportements comme dans un miroir, les sentir pour les corriger…, les aimer.
C’est notre parcours à tous.tes. Un retournement intérieur qui permet d’aimer en soi tous les personnages que chacun joue à l’extérieur. Si je le vois et sens quelque chose en moi, c’est que je porte ce personnage en moi. Et nous les portons tous !
Est-ce que cet exemple vous éclaire ? Voyez-vous mieux où vous pouvez vous aimer ? Reste-t-il des parts d’ombre dans vos relations qui attendent cette lumière ?
Il est temps d’entrer en guerre contre ces ombres, en les aimant profondément. C’est par ce travail-là que la paix dans le monde viendra.
De tout coeur,
Nicole 🌈💕

Laisser un commentaire