Les Noces de Cana

Pour ceux qui ne connaissent pas ce passage du Nouveau Testament de la Bible, il y est question du premier miracle réalisé par Jésus : le vin vient à manquer lors du banquet des noces, et Marie, sa mère, le prie d’intervenir. Demandant aux serviteurs de remplir les jarres vides d’eau, Jésus la transforme en vin. Les invités, ignorants du problème résolu, sont surpris par la qualité du vin qui leur est servi. Habituellement c’est le meilleur des vins qui est servi en premier, puis, en cours de soirée, les vins de seconds étages pour étancher la soif de festivité. Là c’est un vin si délicat que chacun est surpris du choix fait par les hôtes. Et il n’en manque pas !

Dans des jarres, de l’eau transformée en vin, par une âme au service du divin, ce lors de noces…

Le parallèle avec notre chemin de vie me frappe : telle la transformation du jus de raisin en vin, étape après étape, lentement, s’ajustant, se « bonifiant » progressivement, l’humain parcourt d’expérience en découverte une maturation tout aussi intime, dans sa jarre intérieure, au creux de lui, au plus profond de ses entrailles, jusqu’au résultat de sa distillation, le « spiritueux », l’âme de la boisson alcoolisée, Dieu en lui.

C’est le temps des épousailles intérieures, les noces au coeur de Soi, la rencontre avec le Christ en soi. Le bout du chemin, dans les deux cas, est l’Esprit, l’Âme du Monde, Dieu.

Boire à cette Source est non seulement divin par le goût, mais le seul nectar pour notre âme. Elle est intarissable et attend chacun en chacun, patiemment.

Il est là le message : le miracle a lieu dès l’instant du retournement, la mise à l’endroit, le plongeon dans le seul lieu où Dieu se trouve en chacun, et d’où chacun peut s’y abreuver.

Le seul Être pouvant étancher la soif est Christ en soi, l’Unité logée au coeur de chacun et nous unissant tous.tes, visibles comme invisibles.

Un clin d’oeil : « Cana » signifie « village en Galilée », Galilée ville natale de Jésus. Il est clair que le seul voeu est de Naître à Soi en revenant à l’Origine divine omniprésente en soi.

Dans notre quotidien d’humain, nous avons tendance à faire, à aller de l’avant, à nous débrouiller avec ce qui se présente. Quand les choses se compliquent, nous espérons que le calme, qu’une solution soit trouvée, mais si cela empire encore, nous prions pour que les problèmes cessent.

Ce n’est qu’en dernier ressort que l’on se tourne vers plus grand que soi.

Comme dans le contexte des noces de Cana, ce n’est que lorsque nous ne voyons plus d’issue que la demande d’une aide supérieure se pose. Elle s’impose.

Pourquoi attendre ?

Parce que l’on a appris à ne compter que sur soi ? Que ce serait de la faiblesse de demander de l’aide ? Compliqué de montrer de la vulnérabilité ?

Le courage est pourtant montré dans l’aveu d’un besoin, l’acceptation de ne pas pouvoir, de ne pas savoir, ou savoir faire. Le personnage tombe alors.

Un nouveau fonctionnement peut se proposer : la place est libre.

Cette attitude de se courber, vaincu.e, face à la situation complexe, est celle du priant reconnaissant sa petitesse. Elle est celle qui précède l’éclairage : un nouveau chemin ne se dévoile qu’après.

Les situations contemporaines parlent de burn-out, de dépression, d’over dose. Toutes sont des résistances à la vie, des vins d’avant le nectar divin, des somnolences égotiques. L’esprit est saoulé de devoirs, d’organisation, d’anticipation, de contrôle. Il croit, se démène et se perd.

Quand l’aide s’impose ce n’est qu’après avoir erré et accepté que seul.e on n’y arrive pas.

Place à La Présence lumineuse en soi, l’Intelligence, Le Principe de Vie, la Loi.

Se fiant à notre ressenti, se laissant guider par lui, on trouve un re-père, un goût de vérité, puis, avec le temps, une verticalité, une assurance, une quiétude. On sait que l’on peut tomber et se relever, que l’on peut se perdre et se retrouver, et on sait où regarder. En Soi.

Même en observant et en écoutant les autres, la réponse est en Soi, dans notre ressenti.

La confiance est en Soi, le divin. Pas celle du petit « je » qui se prend pour Dieu.

Comme pour la transformation du vin, prenons le temps de se déposer dans « les mains du Père », en Soi, dans notre intimité personnelle.

Laissons-Le agir par nous.

Cessons de dire que c’est plus facile pour l’autre, qu’il serait doté de dons uniques absents en nous-même. Si nous sommes capables de voir l’action juste en l’autre, c’est que nous possédons en nous le même don.

La Responsabilité que nous avons consiste au choix d’écoute faite à l’Unité en soi. Rien d’autre n’est requis et tous venons de cette même Source, toujours en nous.

À nous de nous unir à Soi, d’épouser notre divinité en soi et de la laisser nous guider.

La suite est une prière à l’Infini, une gratitude quotidienne à l’Abondance, une danse permanente de l’Amour avec Lui-même.

À la nôtre !

De tout coeur,

Nicole 🌈💕


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