Les jeunes et leur rapport à l’école

« Nul n’est sensé ignorer la Loi », et cette Loi impose l’instruction aux enfants.

Pour comprendre ce monde, trouver sa place en ce monde et donc pour se connaître, cette Loi est parfaite !

Jusque-là, tout va bien.

L’école joue donc un rôle important pour ceux qui passent par elle pour avoir accès à l’instruction, comme les parents l’ont lorsqu’ils se prêtent eux-même à donner cette instruction à la maison.

Là où le vide existe, c’est quand on se questionne sur ce que les élèves apportent à l’école ou aux parents instructeurs.

J’ai souvent remarqué qu’il était habituel dans nos éducatifs, de penser « hiérarchie » et ainsi de négliger l’équité relationnelle. Car oui, les élèves apportent aux instructeurs autant que les instructeurs leur apportent.

Pour « se connaître » il est nécessaire de s’écouter, d’échanger sur ce que l’on ressent, d’être entendu et, pourquoi pas, conseillé si besoin est.

Cela demande donc une interaction entre les gens, une écoute réciproque et non hiérarchique, une empathie individuelle et une confiance sans laquelle le jugement stopperait l’accueil à la fonte des habitudes.

Ne perdons pas de vue que nous changeons tous chaque jour, chaque expérience proposant un nouvel angle de vue, une chute de personnage en soi, une ouverture d’esprit, une paix à trouver en soi et donc dans la relation à l’autre.

Et si nous nous voyions tous comme « autant » les uns que les autres, comme apportant notre plus-value au collectif puisque riche individuellement par l’unicité, qu’est-ce que cela changerait ?

Les lieux d’enseignements seraient vus par tous, élèves autant qu’enseignants, comme des lieux de rassemblement de vies, diverses, grandes, riches, pour une mise en commun des données de chacune. Chaque être serait attendu au sein du groupe puisque ressenti comme apportant son unique pour le groupe, comme une pièce d’un puzzle. La découverte, qui fait tomber la couverture opacifiante de la connaissance, serait permanente, donnant à chacun et à son rythme, de s’épanouir avec les matières proposées.

Une émulation remplacerait la compétition, les félicitations et le rappel du cadre souligneraient le vivre ensemble sans plus de notes pour classer et nourrir les comparaisons égotiques.

Les parents d’aujourd’hui sont plus prompts à écouter l’enfant et à tenir compte de son point de vue. L’excès, souvent présenté au cabinet, est l’omission, en tant que parents et adultes, de poser le cadre.

Évoluer ne peut se faire qu’en se sentant en sécurité et donc en paix.

Prenons l’exemple d’un conducteur qui s’apprêterait, le matin, à se rendre au travail, mais découvrirait que les véhicules roulant, ne respectent pas le code de la route. Et si chaque nuit ce code changeait, serions-nous rassurés.es au volant le lendemain ? Irions-nous risquer notre vie sur les routes ?

Évidemment, non ! Nous serions apeurés.es et demanderions à ce que cela cesse le plus vite possible, que le code revienne, sans plus de changement, pour la sécurité de tous !

Bienvenu.e dans la vie d’un humain à qui l’entourage laisse libre-cours à toute expérience sans accompagnement, sans cadre ! L’extérieur n’est ni rassurant ni encourageant mais stressant, invitant par les débordements, accidents de route, crises, à retrouver un équilibre, un vivre ensemble.

Les comportements déplacés des élèves en classe ou des enfants à la maison ont donc un rôle crucial : souligner le manque de sens des codes établis au sein des structures (école et maison). Le manque de sens engendre toujours le conflit voir le chaos, si aucune correction n’est proposée.

Attention ! Corriger n’est pas punir. La correction est ce qui remplace l’erreur par la vérité. Elle commence par l’arrêt du système en cours. Puis, en réflexion ensemble, moment où chacun partage ce qu’il ressent et où les autres deviennent miroirs, offrant à réfléchir à son tour, un point de vue nouveau, construit par la richesse des différences, découle.

Les élèves ont donc, à chaque âge, chaque apprentissage, auprès de chaque enseignant et pour chaque matière, un rôle à jouer : être eux. Questionner, bousculer les habitudes, faire sa place ou la trouver, la garder sans exclure l’autre, est un exercice de chaque instant ! Il est le même que les adultes en face : eux aussi se doivent de se voir comme « en chemin ».

L’adulte se croit « arrivé ». Il n’en est rien. Il s’est seulement constitué un monde excluant ce qui le dérange et imposant sa façon exclusive de voir le monde à ceux qui le côtoient. Rarement la mise à l’endroit est faite !

Je sais que ça pique de lire ces lignes. Je suis adulte, confrontée aux divergences de point de vue et sais pour le sentir, l’importance de lâcher « hier » et venir à « maintenant ». Si je suis « là », c’est que j’ai la carrure pour vivre « là », avec tout ce que ce « là » me propose. Ce n’est plus « être adulte » du fait d’un âge (ce qui ne demande aucun effort ) mais « Être », révéler ce qui m’anime en m’effaçant devant le Soi ( ce qui est exigeant !). Je ne parle pas de me faire écraser les orteils par quelqu’un, mais d’être vraie en laissant « Être » faire/s’exprimer par moi. Comme pour l’écriture, les soins, l’écoute du corps (le mien et celui des autres)…

Accueillir les enfants et les ados au cabinet me replonge dans la Nicole au même âge et me donne les éléments que je connais aujourd’hui et qui sont nécessaires à ces âges, passés pour moi. Les donner, c’est corriger.

Je suis mère et je sais la richesse que ce poste m’offre : chacune de mes filles me fait grandir, aujourd’hui encore. J’essaie de ne pas oublier qu’en tant que fille, j’ai toujours ce rôle à jouer également, qu’en tant que soeur, amie, thérapeute, aussi. Partout où je suis, j’ai un rôle.

Tout comme vous. Partout et avec tous.tes.

Si, longtemps, comme les élèves que je reçois, je me questionnais sur l’intérêt de tel ou tel apprentissage scolaire, je viens ici remercier l’école. Elle propose ou oblige, selon que l’on soit prêt.e à le saisir ou non, des données intéressantes qui peuvent nourrir l’individu. Toutes racontent un point de vue et c’est très renseignant sur la fonction que l’on donne aux matières et au regard que l’on porte sur la jeunesse.

Les élèves pourraient ne pas être considérés comme « venant pour eux, pour se connaître », mais « formatés pour produire et consommer » en ayant un regard stéréotypé sur le monde, la notion d’effort et la réussite.

Pour que cela ne soit pas, seul l’élève choisit. C’est de sa responsabilité, de son choix, sa posture intérieure est à l’exercice, son entourage peut être sollicité, peut conseiller, mais lui seul actera.

Chacun son chemin.

« Tous les chemins mènent à Rome »… Tous mènent à Soi.

Bonne route !

En toute sécurité et de tout coeur,

Nicole 🌈💕


Commentaires

Une réponse à « Les jeunes et leur rapport à l’école »

  1. Avatar de spookye8eaba4b64
    spookye8eaba4b64

    Merci Nicole pour ce post qui remet le point sur les « i » (que l’on oublie vite) . Tout à fait d’accord avec toi sur la richesse que nos enfants nous apportent et nous remettent sur un chemin que nous avons parfois oublié .

Laisser un commentaire